Prends tes pieds

Affichage des articles dont le libellé est 6 pieds. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 6 pieds. Afficher tous les articles

lundi 23 janvier 2012

Tous nos voeux !!

Bonjour a tous, et oui nous sommes de retour sur la toile.

Avant toutes choses, nous voulons nous excuser de ce mois, ou même un peu plus,  de non publication. 
En ces périodes de fêtes très intenses et face a la puissance des terres Argentines et Boliviaines, de tout ces boulversements culturelles, nous n'avons pu decrocher une lettre. 
Toutefois il faut bien l' avouer, en ces temps d'orgie culinaire, la  France nous a manquée, ou plutôt la nouriture Française, le pain, le camembert, un bon pate, voir un fois gras soyons foux.
Ah oui il y a autre chose qui nous a manqué, je crois que nous pouvons le dire, c'est vous!!!
Nous avons bien pensées à nos chères lecteurs, toutes categories confondus en cette fin d année et n'avons même pas pris le temps de vous souhaiter un joyeux noël et une bonne année, alors encore une fois nous allons tacher de nous rattraper:

Joyeux Noël Et bonne année à vous tous chers lecteurs!

Nous y voila, notre retour est annoncé, nous esperons que vous nous pardonnerez de ce retard bien justifié, et en attendant, nous vous laissons sur quelques images des fêtes de Trois Français en Argentine, au Peru ou bien en Equateur...

Asado de Noël Argentin pour les deux Barbus.


...


 
Un grand merci à eux, a vous, a nous!!!





Un nouvel an pas comme les autres...

à l'abri de quelques tuiles sur la terrasse d'une maisonette loin de toutes civilisations...
Et non loin quelques avertissements pour les Français qui voudrais s'aventurer dans les bois de San Lorenzo...

Mais malgré tous ces prejugés, une soirée extraordinaire et festive.

 La rédac

mardi 15 novembre 2011

Cuevas




 Un portail de bois marque l'entrée de la propriété. Il est simplement fermé par une goupille métallique, pas de cadenas. De l'autre côté, quelques plantes poussent où bon leur semblent, traversées par ce qui ressemble à un petit chemin qui tend à s'effacer, ou à s'affirmer, je ne sais trop. Une foi les quelques broussailles passées deux cadres de bois se fond face. Tout bon aficionados de football saurait dire la distance qui les sépare mais j'en suis bien incapable. Et oui, ici les but sont ce qu'il y a de plus simple : deux troncs plantés dans la terre et un autre qui couronne le tout en faisant office de barre transversale. Des enfant jouent au foot sur ce terrain. De l'autre côté du terrain de foot on observe des lignes terreuses. Là poussent un peu plus de quarante espèces de baies différentes quand on en trouve pas plus de cinq dans les commerce, et ce, quelque soit le pays ! Derrière la zone de culture se distinguent deux maisonnettes. Celle de droite est peinte en bleu et fait office de cuisine, chambre, bureau. Celle de gauche est peinte en rouge, d'un côté on y trouve les toilettes et de l'autre un espace où vient dormir un vieil homme qui cultive un bout du terrain.
David Rojas est le propriétaire du terrain. Il a trente cinq ans. Il s'était dit qu'a trente cinq ans il devrait pouvoir vivre de sa terre. Ce n'est pas encore le cas mais il s'en rapproche. Dans un mois il va construire sa maison sur ce terrain, en super Adobe, un technique de construction avec des sacs de polypropylène et de la terre. Mais il ne veut pas le faire tout seul alors il a demandé aux jeunes du village ce dont ils avaient besoins. Il veulent une salle de gym car cela leur permettra de ne pas dépenser les 10 bolivianos de taxi pour Samaipata, la ville la plus proche. Ainsi, David et ses voisins vont construire deux bâtiment, un pour la gym, et l'autre pour que David puisse vivre sur son terrain. David ne veut rien faire tout seul. Pour tout ses projets, il veut des partenaires dans le village, comme ça il divise les bénéfices et la communauté en profite. Il veut cultiver des câpres, comme il le dit si bien : la comida de los ricos.
Dans le même temps David est ethnologue. En ce moment, il finalise une étude sur la manière dont les gens occupent leur sols. Il ne veut pas faire de l'agriculture pour abandonner l'ethnologie. Il veut être les deux, sinon c'est ennuyeux. Ce qu'il faudrait étudier, c'est la manière dont lui il utilise le sol de sa cabane bleue. J'ai entendu des grenouilles, il y en a deux qui se cachent dans son bazard !


dimanche 13 novembre 2011

Micro



En Bolivie on ne demande pas où est le bus pour aller à la station de train. On demande sur quelle rue passe un micro qui passe devant la station de train. En effet, ici les bus ont le cul suffisamment proche de la tête pour qu'on les appelle micro. Et en fait un micro, la seule chose que ça a en commun avec un bus, c'est d'être un transport en commun qui roule sur la route. Ça ne se prend pas comme un bus, on n'en descend pas comme d'un bus et c'est de marque Toyota. Comment faire pour monter à bord d'un micro. Rien de plus simple. D'abord on se renseigne sur la rue la plus proche où celui que l'on veut prendre passe. Ce n'est pas toujours facile mais au pire on en rate un ou deux et on prendra le troisième. Une foi qu'on connaît la rue il n'y a plus qu'a attendre. Dès que l'un deux pointe le bout de son nez, après avoir vérifié qu'il porte le bon numéro tout de même, on agite le bras sur le bord de la route et la bête pile pour vous intégrer à l'équipage. Coût de l'embarquement ? 1,8 bolivianos. Mais « En euros ? » me direz vous. Asseyez vous, ça va faire mal. Par un savant calcul on est à même de trouver le coût en euros. Attention, ce n'est pas à la portée de tout le monde. Le nom que notre société contemporaine s'est accordée à donner à ce calcul est la division. Mais ce n'est pas n'importe qu'elle division. On obtient une bonne approximation lorsque l'on utilise la division par 10 qui à l’étonnante faculté de décaler la virgule d'un rang vers la gauche. 1,8 bolivianos est donc égal à ,18 euros soit 0,18 euros. En langages monétaire courant, 18 centimes d'euros. Autant dire que l'on pardonne au chauffeur sa fâcheuse habitude de ne pas rendre le change sur les pièces de 2.
Et dedans c'est comment ? Et bien il ne vaut mieux pas mesurer plus d'un mètre et quelques soixante dix centimètres. Et encore, à cette taille on risque fort de nettoyer le plafond du micro avec ses cheveux. Quand on fait 1m90 c'est un coup à attraper des torticolis. Heureusement pour nous les autocollant Jésus disposés sur les vitres avant et arrières de l'engin nous préviennent de tous dangers, en espérant que le torticolis soit un dommage inclus dans la garantie du pack chrétien.
Pour finir, quand on veut en descendre, il n'y a plus qu'à se lever, se faufiler jusque devant la porte et au moment voulu sommer le chauffeur de s’arrêter, un por favor ne faisant jamais de mal.

Bonne route, et n'oublies pas!



Il est une espèce de la famille Gachet, nommée le Simon. Loin d'être oiseau de mauvais augure, elle se vit, se découvre, s'apprécie. Formée au delà du mètre quatre-vingts, elle est presque façonnée pour pouvoir déformer, pour pouvoir reformer. D'espaces trop exigus en idées farfelues, son physique lui permet d'aller s’agripper dans d'ultimes contrées, parfois pour une clé, d'autre fois pour le plaisir de plonger. Elle semble élevée au grain mais pourrait se suffire de chocolat, et a su développer en ce sens, certaines facultés qui lui permettent de détecter cette denrée à des encablures que l'on oserait imaginer. Du réveil au coucher, elle s'émerveille et observe ce monde où elle tient la mesure, et se joue d'y trouver de belles intentions. Ainsi, elle est dotée de ces qualités qui assurent échanges, découvertes et histoires. On aimerait à pouvoir plus la suivre, mais lorsque ce n'est pas le physique, ce peut-être le psychique qui touche ses limites. D'une journée harassante, le Gachet n'en sort qu'affaiblit, échauffé quand on en est quitte pour un bonne nuit.
Ainsi est la vie du Simon, notre ami. Alors que nous l'avons quitté sur les quais assombris de Florianopolis, il vient à déjà nous manquer. De nouvelles aventures nous attendent, dans lesquelles on espère qu'il saura préserver, portefeuille, tente et bien d'autres. Têtes bien amarrées, on aimerait à se donner rendez-vous sur un pont sans limites d'horizon...
Nos chemins se sont séparés, quand d'autres n'en sont que plus rapprochés et comment résumer, si ce n'est pour dire, que ceci n'est que, petit écrit pour un grand.

 Jihèf





vendredi 11 novembre 2011

Ressources naturelles



Ricardo est l'une de ces personnes que l'on n'oubliera pas, nous l'avons rencontré ce lundi 18 octobre dans la station de métro Penha à Sao Paulo. Nous avons vite rencontré tous ses collocs qui vivent avec lui. Tout à commencé par quelques bières, et les soirées ce sont enchaînées dans cet Republica tout au long de la semaine. A croire qu'ici ils ne dorment jamais. Il faut bien avouer que nous étions alors un peu perdus, et que nous ne retrouvions pas les images de ce permaculteur qui s'étaient accrochées dans nos têtes quand nous l'avons rencontré sur couch-surfing.
Il nous a fallu attendre le week-end pour se rendre compte que cet environnement n'était pas vraiment celui de Ricardo, et qu'il lui fallait s'échapper pour révéler toute son énérgie et ses idées.

Nous ne nous attarderons pas sur les transports qui ont failli nous mettre en retard, pour arriver directement à Dam Bosco, un arrêt de train en périphérie de la ville. Quelques minutes passent et nous partons à bord de la voiture d'un jeune Brésilien vers notre première escale : Comjunto José Bonifacio, avenida Batista Conti. Nous y découvrons un grand terrain qui se partage des friches et des terres cultivées. Il est entouré par des petits immeubles de cinq à six étages assez vétustes qui laissent transparaître la modéstie du quartier . Sur le terrain, une quinzaine de personnes de tous âges s'affairent à bêcher, arroser ou arracher quelques plantes non désirées.
Dès que Ricardo arrive, les regards se tournent, on salue le professeur, arrête son activité, et on commence à se rassembler. Aujourd'hui le cours porte sur la fabrication d'un potager en spirale et quelques astuces d'arrosage. Tout le monde écoute attentivement, pose des questions, et très rapidement on passe à l'action. Tout le monde veut participer, ajouter une petite pierre à l'édifice, ce qui fait qu'en moins d'une heure la spirale naît, et les aromates sont plantées.
Nous sommes admiratifs, ce que nous faisons n'est pas très compliqué, mais à 22 ans, Ricardo se lance, il commence à transmettre ses savoirs pour « contaminer le monde ». Merci à toi Ricardo de nous avoir montré qu'il est possible de faire avancer les choses, de pratiquer, et même de donner un cours de permaculture à des personnes plus âgées que soi. Merci d'avoir démystifier la permaculture, qui nous a toujours semblé si complexe.



Suite à cette belle leçon, nous reprenons le train, puis un bus pour nous éloigner encore un peu plus de Sao Paulo. Nous arrivons en fin d’après-midi à San José del Campo où nous retrouvons une charmante demoiselle qui nous emmène en voiture à notre destination finale, la crèche ACEL.
En arrivant sur les lieux, nous entendons des coups de marteau, des scies circulaires et des matériaux qui s'entrechoquent et laissent deviner une certaine agitation. Nous passons quelques portes et quelques murs, puis nous la découvrons, cette petite maison en terre de trois mètres par deux. Comme le bruit le laissait prédire, une agitation et une énergie folle se dégage de la trentaine de personnes qui travaillent tout autour. Après quelques embrassades nous mettons très vite la main à la boue et apprenons à faire un enduit terre (pour les architectes en manque de construction voici la recette : 4 pelles de sables, 2 pelles de terre argileuse, une quinzaine de litres de chaux, une dizaine de litres d'eau et un peu de colle blanche. Bien mélanger le tout pour avoir une pâte assez môle).


Ricardo me détaille également les quatre modes constructifs de la maison, entre les deux types de brique, le mur pressé entre des planches de bois et le mur à ossature bambou et remplissage terre (plus de détails sont disponibles si vous le souhaitez).
Et voilà, c'est déjà la fin de journée, le soleil se couche, la cloche sonne, fin du chantier pour aujourd'hui. Tout le monde à la douche, puis nous nous retrouvons autour d'un four à Pizza fait maison, en terre également. Nous dégustons ensemble ces mets avant de se retrouver autour d'un grand feu à faire de la musique, chanter et danser. Nous nous laissons entraîner dans des petits rituelles amusants tels que les iiiuyon, sorte de transfère d’énergie. L'ambiance est géniale, et c'est heureux de cette soirée que nous partons nous coucher.


Dimanche, vers 8h la cloche sonne à nouveau, nous nous retrouvons pour un excellent petit déjeuner avant de commencer la journée. Nous sommes dimanche matin, au Brésil, s'en suit donc une prière, nous chantons tous en rond en nous tenant les mains. Nous ne comprenons absolument rien, c'est amusant. Ceci se termine par des applaudissements, puis quelques minutes plus tard, la cloche sonne. Aujourd'hui, il faut terminer la maison. Il reste une partie du toit, l'enduit intérieur à terminer et quelques aménagements extérieurs. Nous apprenons à poser l'enduit, donnons des coups de main par ci par là. Mangeons à nouveau un repas très copieux. Ricardo fait une petite démonstration de son lombricomposteur, puis c'est reparti. L’après-midi, nous sommes plus en mode croquis, et petits bonhommes en terre pour triper.
La maison se termine, nous portons tous la terre sur le toit, les plantes, et c'est fini.


Tout le monde à un grand sourire, les applaudissements fusent et nous immortalisons ce moment avec la photo de classe.


Il est déjà l'heure d'y aller, quitter toutes ces personnes géniales qui portent en elles cette bonne humeur, mais il faut rentrer. Nous rentrons avec Helio et sa copine vers Sao Paulo, pleins d'images en tête. Et comme pour finir ce week-end en beauté, la générosité Brésilienne fait encore son effet, Ils nous accompagnent jusque dans la station, attendent que l'on achètent nos tickets et nous laissent devant les portiques pour être sûrs que l'on ne se trompe pas. Le week-end se termine là et restera gravé dans nos têtes, nos pieds et nos mains jusqu'à ce que l'on rentre en France pour à nouveau s'exprimer.

Pierro

Ralentir

Je m'excuse... Des connexions peu fiables, quelques changements de plans, en bref, nos improvisations nous ont coûtées chères du point de vue de la rigueur de publication. Et, alors que je me vois sortir cet objet, du vingt et unième, pour communiquer et publier, ces écrits me paraissent presque dépassés. Nous avons quitté notre grand, et bien d'autres histoires sont à présenter mais il est l'heure de raconter...

Ralentir, comme changer de dimension. Doucement nous translatons vers de nouveaux horizons. Nous quittons celui de la quête effrénée pour trouver de nouveaux fondamentaux, ceux qui doivent conduire nos journées, nous permettre de trouver l'équilibre, entre ce qui nous est nécessaire, et ce qui nous l'est moins.
Alors que nous apprenons à vivre sans fil, nos journées se structurent, au rythme de ces points, dimensionnels ou temporels que nous avons pu nous fixer quelques heures plus tôt. Cette insouciance, liberté tant convoitée est à apprendre à maîtriser. Parfois, elle nous gratifie d'une heureuse rencontre, qui peut nous conduire sur quelques parvis, ou bien nous aider à gravir l'impossible.
Pour nous, bonshommes du vingt et unième siècle, il nous paraît impossible de franchir quelques limites, dont celles que l'on a pu croisées à l''orée de San P. Ville hybridée, qui nous a ankylosé mais qui aura eu le mérite de témoigner de ces quelques cités, véritables marées d'un marché qui guide nos sociétés. Échiquier de béton et de bitume, elle nous a permis de nous épuiser, et d'un peu plus nous pencher, sur cette manière de marcher qui nous est la plus adaptée.

Ecrit le 3 novembre 2011. Surlendemain de notre arrivée à Florianopolis, tranquillement installé, face à l'océan...


Jihèf



mardi 25 octobre 2011

Rencontre Fatale à Ibirapuera


5h, il fait encore nuit sur Sao Paulo, mais déjà la fourmilière se réveille. Alors que nous nous déplaçons doucement vers le parc d'Ibirapuera, le soleil se lève, et la machine se met en marche.
9h, nous y sommes, le soleil est au rendez-vous, il ne nous reste plus qu'à divaguer entre les arbres pour trouver un endroit où nous reposer de cette nuit agitée. Alors que nous marchons, nous ne savons pas quel destin ce parc nous réserve.



9h10, c'est la rencontre fatale, un homme d'une soixantaine d'année, visiblement retraité nous interpelle. Les cheveux grisonnant, la peaux bien bronzé il arbore un grand sourire. Il est vêtu d'un petit pull gris, d'un jogging et de chaussures de sport. Dans une de ses mains un journal qui laisse prétendre qu'il passe beaucoup de temps ici. Il nous parle dans un anglais très correcte et nous aspire progressivement, un par un. Le soixantenaire se lance, nous commençons à le suivre, à discuter malgré notre fatigue. Il commence à faire chaud dans le parc, nous marchons vite et comprenons qu'il veux tout nous montrer, tous les bâtiments qui peuplent cet immense parc. Les lieux se succèdent, ainsi que les visites dans les musées. Nous sommes à la fois content et frustrés, tout vas trop vite. Nos pas sont de plus en plus lourd, comment lui dire que nous sommes exténuées, que nous aimerions prendre notre temps. C'est impossible, nous devons aller jusqu'au bout.


11h, libération, il doit rentrer chez lui pour manger, il nous quitte avec son grand sourire, fière de nous avoir fait découvrir un petit bout de sa ville, de son pays.
Nous ne bougeons plus, le premier carré d'herbe est le bon, l'heure de la sieste est arrivée.



Pierro

dimanche 16 octobre 2011

Quelques gouttes pour la route.

Un choc de plus et je tombe. Je suis là, m'accrochant tant bien que mal. Je résiste, je lutte, mais les vibrations sont là, incessantes et rythmées. Je grossis, je grandis et me transforme. La gravité devient de plus en plus pesante. Je suis comme aspirée par cette terre. Elle m’entraîne dans une lutte perdue d'avance mais, comme toujours, l'espoir ne tarit pas. Je sais pourtant pertinemment que tout combat est vain.
Je ne tient plus qu'à un fil, la fin est proche. Chaque pas est une torture. Inéluctablement, je me décroche. Me voilà partie pour une interminable chute. Je glisse, traversant vallées canyons, surmontant les bosses formées par ce visage qui m'a vue naître et bientôt me verra mourir.
Arrivée au menton, je me détache et m'envole pour de bon. Une chute dont je peine à voir le bout commence alors. C'est un mélange subtil entre vitesse et attente interminable. Puis l'explosion. Je me divise, répands des milliers de gouttelettes sur le bitume chauffé par le soleil.
Produit d'un footing hautement démonstratif à Copacabana, d'une samba endiablée le vendredi soir dans les rues de Lapa ou simplement née de la peau chauffée par le soleil, la sueur à Rio, est compagne de chacun.

Simon

 





samedi 15 octobre 2011

Rio es Grande

Rio es Grande


Installée, quasi prête à plonger,
installée, au creux de ces rochers,
cette cité est aussi colorée
qu'elle s'avère animée.

Y marcher n'est flâner,
y marcher est tenter.

De lignes droites en lacets,
elle est comme dessinée,
tout aussi élancée
qu'elle peut être plastifiée.

Y veiller pour danser,
y veiller, c'est l'aimer.

Décalée, on ne peut s'y tromper,
Rio es Grande
installés, quasi prêts à plonger,
installé, pour pouvoir y veiller.



Jihèf

vendredi 14 octobre 2011

O Christo Senhor






































Rio est une de ces villes sous la protection d'une idole. La sienne n'est pas des moindre, dans son extravagance renommée elle s'est choisie le Christ. Il trône, du haut de sa colline, il surplombe la ville, veillant sur l'ensemble des cariocas. Sur les flancs rocheux de son piédestal, des favelas s'installent ; ultime rappel de la vie, la vraie, celle qui suinte l'humanité aux couleurs du linge pendu aux balcons de ces maisons de briques et de brocs.
Les brésiliens sont très croyants mais, une fois de plus, nous sommes projetés au cœur de l'un de leurs grands paradoxes. Cette femme qui nous propose des billets préachetés pour le train qui gravit la colline est probablement croyante. Cela ne semble pas l'empêcher de vouloir nous faire payer l'accès à son saint patron.
Acharnés que nous sommes, nous déambulons entre les vendeurs de Christo-tours. Nous enchaînons les esquives tout en tentant d'en apprendre un peu plus sur la route à suivre pour monter le voir à pieds. Il semble que nous prenons l'habitude de tout faire à contre-pieds. Heureusement, nous sommes toujours sous une bonne étoile et nos pouces dorées nous aident à passer la montée en moins de temps que prévu. En effet, notre amour propre semble nous proscrire l'investissement de la modique somme de 25 Reis qui nous permettrait pourtant d'ausculter la face du Christ. Nous nous contenterons du dos, et cela nous suffit amplement. Laissons le veiller en paix sur l'ensemble des cariocas. L'industrie du tourisme ne semble pas comprendre que parfois le mystère et la poésie doivent aussi trouver leur place pour que les choses se fassent.

 Simon


jeudi 13 octobre 2011

Il y a de ces anges qui, au pays du Christ...




Tant de rencontre en deux semaines, et déjà ces départs, qui nous font prendre conscience de chaque départ, déjà les mêmes sentiment nous envahissent. Etrange que de voir s'éloigner tant d'intensités et d'amitiés nouées.

Ce fut d'abord Roberta et Joyce à Salvavador. ces deux étudio-réalisatrices allaient sept jours durant être nos guides dans les rues tortueuses de la ville. Grâce à elles, Salvador nous a ouvert quelques uns de ces trésors, et nous avons pu plonger dans l'ambiance brésilienne, ses croyances, sa générosité...

De nouveau sur la route, nous redevenions de parfaits inconnus quand, à la lumière de sa caméra, un responsable de sécurité venait nous offrir la possibilité de stocker nos sacs pour la journée. Nous ne savions pas que nous faisions la rencontre de Flavio, jeune responsable de sécurité la journée, étudiant en soirée qui allait nous inviter à passer un week-end à pêcher.

Trois jours sont passés, nous quittons ce foyer, Flavio, ses parents et sa bande. De Brasilia, nous nous souviendrons d'une horde de palais clôturés, mais nous garderons graver, ces leçons de bonté.


Il y a de ces anges, qui au pays du Christ, vous prenne sous leurs ailes...

 JF
Joyce, filmaker
Roberta et le Pierrot

Joyce et le grand
Brasilia...
Un rêve??
Un abri

Une bande
De jour...

Un foyer...

Et pourquoi pas enseigner?





Dimanche 7 octobre, me voilà installé en calbute au milieu de ces brésiliens qui nous auront accueilli comme des frères. Les deux lascars sont là, et comme moi, en prennent pleins leurs mirettes, chaque jour qui passe nous en apprend un peu plus sur ce continent, ses coutumes, ses aspirations, parmi lesquelles, nombre de paradoxes se manifestent. Revenons sur notre aventure, à Lençois.

Les trois jours de trek à Lençois nous ont ravi. Nous étions comme étourdis par cette nature, à l'eau orangée et à la végétation quasi vierge. Mercredi, alors que nous en terminions, tranquillement installés sur notre banc rocheux, un homme se tenait, à l'ombre d'un arbre, et semblait réviser. Quelques minutes plus tard, j'entamais la discussion, et l'homme s'avéra être un guide, nommé Tengo, qui préparait un concours d'entrée dans l'administration brasilienne. Il me montra un problème de changement d'échelles, dont il ne comprenait la résolution. Je tentais de lui indiquer la méthode à suivre, mais l'heure du départ arriva. Nous nous donnions rendez-vous, à 19h à l'auberge. Objectif : Tenter de l'aider à résoudre certaines de ces difficultés.

19h arriva, et Tengo se présenta à l'auberge, cahiers de révisions en mains. Je lui proposais de s'installer, et nous commençâmes à travailler. Rapidement, je compris qu'il allait être difficile de palier à ses difficultés dans la soirée. Une idée trottait... Quelques exercices de produits en croix plus tard, Tengo nous quittait, et nous prévoyions de nous revoir le lendemain à 6h. Tengo parti, d'un rapide coup d'oeil, nous comprîmes qu'un nouveau plan pointait à l'horizon. Et pourquoi pas enseigner? Rester ici, à Lençois, vivre à l'allure de ce village, plongé au coeur de la Chapada Diamantina, et partager,nos savoirs, nos cultures...

Le lendemain matin, je me réveillais donc, au chant des coqs de la campagne environnante. Suivirent les réveils de Pierre, Ian, et Simon. La matinée passait, pas de traces de Tengo. Nous pensions qu'il avait sans doute été retardé par un de ces travail, qui ici régit le quotidien des habitants. Nous nous décidions donc à quitter l'auberge pour le village, histoire de pouvoir se connecter. A peine étions-nous partis, que nous croisâmes Tengo. Il avait bien été retardé par un travail, et nous disait que nous pouvions rester ici, une semaine. Il nous logerait, on l'aiderait. On se donna à nouveau rendez-vous à l'auberge deux heures plus tard, pour qu'il puisse nous conduire chez lui, et que nous puissions nous y installer.

Le rendez-vous était pris. Chacun vacait à ses occupations. Midi arriva, sans signe de Tengo, nous nous décidâmes donc à un nouveau changement de plan. Trop ennuyeux de rester à attendre, la décision était prise, nous avions 1h pour nous mettre en route, direction Brasilia...

Une nouvelle fois, les paradoxes de la société moderne nous apparaissaient. Un homme, n'ayant eu accès au système éducatif moyen tentait de changer de situation, mais ne se présentait. Nous autres, occidentaux, étions là, cherchant une alternative à cette longue itération...

JF 


Ian et nos trois pommes à la Poussada
A boire

A manger
Et Ian, assis sur sur rocher